top of page

TDAH et dyslexie : quel est le lien entre ces deux troubles ?

TDAH et dyslexie sont deux troubles différents, mais ils peuvent être présents chez une même personne. Leur association est bien décrite dans la littérature scientifique. Pour autant, avoir un TDAH ne signifie pas être dyslexique, et toutes les difficultés de lecture rencontrées par une personne avec un TDAH ne correspondent pas forcément à une dyslexie.

Alors, pourquoi TDAH et dyslexie sont-ils parfois associés ? Comment comprendre leurs effets sur la lecture et l’orthographe ? Et dans quelles situations un bilan orthophonique peut-il être utile ?

TDAH et dyslexie : deux troubles différents qui peuvent être associés

Le TDAH, ou trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, est un trouble du neurodéveloppement caractérisé par des symptômes d’inattention et/ou d’hyperactivité-impulsivité ayant un retentissement dans la vie quotidienne.

La dyslexie correspond à un trouble des apprentissages touchant durablement la lecture. Elle peut notamment se manifester par une lecture insuffisamment précise ou fluide et s’accompagner de difficultés importantes en orthographe.

Le TDAH et la dyslexie appartiennent donc tous les deux aux troubles du neurodéveloppement, mais ils ne concernent pas exactement les mêmes fonctions.

Ils peuvent néanmoins coexister chez un enfant, un adolescent ou un adulte.

TDAH et dyslexie sont-ils souvent associés ?

Oui. Les troubles des apprentissages, dont les difficultés spécifiques touchant la lecture et l’orthographe, font partie des troubles fréquemment recherchés lorsqu’un TDAH est présent.

Les études montrent également que la coexistence entre TDAH et dyslexie est plus fréquente que ce que l’on observerait si les deux troubles étaient totalement indépendants.

Cela ne signifie pas que le TDAH provoque la dyslexie, ni l’inverse.

Les mécanismes expliquant cette association restent étudiés. Des travaux récents suggèrent notamment l’existence de facteurs de vulnérabilité partagés, en particulier génétiques, plutôt qu’une relation simple de cause à effet entre les deux troubles.

Une personne peut donc présenter :

  • un TDAH sans dyslexie ;

  • une dyslexie sans TDAH ;

  • ou un TDAH et une dyslexie associés.

Le TDAH peut-il entraîner des difficultés de lecture sans dyslexie ?

Oui. Avoir des difficultés à lire lorsque l’on présente un TDAH ne signifie pas automatiquement être dyslexique.

La lecture mobilise non seulement les mécanismes permettant d’identifier les mots, mais également l’attention nécessaire pour suivre un texte, maintenir les informations en mémoire et rester engagé dans la tâche.

Chez certaines personnes présentant un TDAH, les difficultés attentionnelles peuvent ainsi se traduire par :

  • une difficulté à rester concentré sur un texte long ;

  • une perte du fil de la lecture ;

  • un besoin fréquent de revenir en arrière ;

  • une compréhension plus fragile lorsque l’attention diminue ;

  • une grande variabilité selon la longueur, l’intérêt ou la complexité du texte.

Ces difficultés ne correspondent pas nécessairement à un trouble des mécanismes de lecture eux-mêmes.

C’est une distinction importante : deux personnes peuvent se plaindre d’une lecture difficile pour des raisons différentes.

Quels signes peuvent évoquer une dyslexie associée à un TDAH ?

La question d’une dyslexie en plus du TDAH peut notamment se poser lorsque les difficultés de lecture sont anciennes, persistantes et retrouvées depuis l’apprentissage de la lecture.

On peut par exemple observer :

  • une lecture qui reste particulièrement lente ou laborieuse ;

  • des erreurs persistantes lors de la lecture de mots ;

  • des difficultés importantes face aux mots nouveaux ou peu familiers ;

  • une automatisation de la lecture qui reste fragile malgré les années de pratique ;

  • des difficultés orthographiques durables ;

  • un coût important de la lecture et de l’écriture dans les études ou le travail.

Chez l’adolescent et l’adulte, le tableau peut parfois être moins évident. Avec les années, certaines personnes développent des stratégies de compensation : elles évitent la lecture à voix haute, anticipent les mots grâce au contexte, relisent beaucoup ou consacrent simplement davantage de temps aux tâches écrites.

Une lecture apparemment correcte n’exclut donc pas nécessairement des difficultés, notamment lorsque sa lenteur ou son coût restent importants.

À l’inverse, un signe isolé ne permet jamais de conclure à une dyslexie.

Que se passe-t-il lorsque TDAH et dyslexie sont présents ensemble ?

Lorsque TDAH et dyslexie sont associés, leurs répercussions peuvent se combiner.

Une personne peut par exemple devoir fournir un effort important pour identifier rapidement les mots tout en mobilisant beaucoup de ressources pour maintenir son attention sur le texte.

Dans la vie scolaire, universitaire ou professionnelle, cela peut notamment se traduire par :

  • un temps de lecture ou de travail particulièrement long ;

  • une fatigue importante ;des relectures nombreuses ;

  • des difficultés à terminer certaines tâches dans le temps demandé ;

  • un effort élevé lors des examens ou des travaux écrits ;

  • un besoin d’aménagements adaptés aux difficultés réellement rencontrées.

L’intérêt est donc de comprendre quelles difficultés relèvent du langage écrit, quelles difficultés sont principalement attentionnelles et comment elles interagissent chez cette personne.

TDAH et difficultés de lecture : quand faire un bilan orthophonique ?

La présence d’un TDAH ne justifie pas, à elle seule, de réaliser systématiquement un bilan orthophonique.

En revanche, lorsqu’il existe également des difficultés persistantes en lecture ou en orthographe, une évaluation du langage écrit peut être pertinente.

Les recommandations de la Haute Autorité de santé prévoient d’ailleurs la possibilité de réaliser des bilans paramédicaux ciblés, notamment orthophoniques, en fonction des difficultés observées chez une personne présentant un TDAH.

Un bilan orthophonique peut notamment explorer :

  • la précision et la vitesse de lecture ;

  • la lecture de mots et de pseudomots ;

  • la fluence ;

  • l’orthographe ;

  • la compréhension écrite ;

  • les stratégies de compensation ;

  • le retentissement fonctionnel des difficultés.

L’interprétation ne repose jamais sur un score isolé. Elle prend en compte l’ensemble des résultats, l’histoire des difficultés, leur persistance et leur retentissement ainsi que les autres éléments du profil de la personne.

Le bilan orthophonique n’a en revanche pas pour objectif de diagnostiquer le TDAH. Le diagnostic du TDAH relève d’une démarche médicale spécifique.

Quand un bilan n’est-il pas forcément nécessaire ?

Une personne présentant un TDAH n’a pas nécessairement besoin d’une évaluation orthophonique si elle ne rencontre pas de difficulté particulière en lecture, en orthographe ou dans les apprentissages relevant du champ orthophonique.

De même, une difficulté ponctuelle liée à la fatigue, au manque d’attention ou à une période scolaire compliquée ne suffit pas à évoquer une dyslexie.

Le bilan devient surtout pertinent lorsque les difficultés sont durables, suffisamment importantes et responsables d’un véritable retentissement dans la scolarité, les études, le travail ou le quotidien.

Réaliser un bilan orthophonique du langage écrit

Lorsqu’un TDAH est déjà diagnostiqué ou suspecté et que des difficultés persistantes en lecture ou en orthographe sont également présentes, le bilan orthophonique peut aider à mieux comprendre leur nature.

Il permet d’objectiver le profil de langage écrit, de repérer les points de difficulté mais également les compétences préservées et, lorsque cela est pertinent, de contribuer à la réflexion autour des aménagements scolaires, universitaires ou d’examens.

Je réalise des bilans orthophoniques du langage écrit en visio, chez l’enfant à partir de 6 ans, l’adolescent et l’adulte.

En savoir plus sur le fonctionnement du bilan en ligne

Questions fréquentes sur le TDAH et la dyslexie

Peut-on avoir un TDAH et une dyslexie en même temps ?

Oui. Le TDAH et la dyslexie sont deux troubles distincts, mais leur association est bien documentée. La présence de l’un n’implique toutefois pas automatiquement la présence de l’autre.

Le TDAH peut-il provoquer une dyslexie ?

Les données scientifiques actuelles ne permettent pas de considérer le TDAH comme une cause de la dyslexie. Les deux troubles peuvent partager certains facteurs de vulnérabilité et être présents simultanément.

Le TDAH est-il un trouble « dys » ?

Non. Le TDAH et les troubles communément appelés « dys » appartiennent au même grand ensemble des troubles du neurodéveloppement, mais il s’agit de catégories différentes.

Une personne avec un TDAH peut-elle avoir des difficultés de lecture sans être dyslexique ?

Oui. Les difficultés attentionnelles peuvent perturber le maintien de l’attention, le suivi du texte ou la compréhension pendant une lecture. Cela ne suffit pas pour conclure à une dyslexie.

Un bilan orthophonique peut-il diagnostiquer le TDAH ?

Non. Le bilan orthophonique peut évaluer les compétences en lecture et en orthographe lorsqu’il existe des difficultés dans ces domaines. Le diagnostic du TDAH relève d’une démarche médicale spécifique.

bottom of page