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TDAH et dyscalculie : quel est le lien ?

Rédigé par Alexandra Monteiro, orthophoniste · Dernière mise à jour : 18 septembre 2026

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Lorsqu’une personne avec un TDAH rencontre des difficultés en mathématiques, il peut être tentant de tout attribuer à l’inattention : erreurs d’étourderie, étapes oubliées, difficultés à rester concentré sur un problème…

Pourtant, ce n’est pas toujours suffisant pour expliquer les difficultés. Chez certaines personnes, elles concernent plus directement et durablement les nombres, le calcul ou la compréhension de certaines notions mathématiques. La question d’une dyscalculie associée au TDAH peut alors se poser.

TDAH et trouble spécifique des apprentissages en mathématiques peuvent effectivement être présents chez une même personne. Cela ne signifie pas pour autant que l’un provoque l’autre, ni que toute personne avec un TDAH et des difficultés en maths est dyscalculique. Les troubles du neurodéveloppement peuvent fréquemment être associés entre eux.

Pourquoi le TDAH peut-il entraîner des difficultés en mathématiques ?

En mathématiques, il faut souvent maintenir plusieurs informations en tête, suivre des étapes dans le bon ordre, sélectionner les données importantes, résister aux distractions, contrôler une réponse ou revenir sur une erreur.

Chez une personne avec un TDAH, certaines de ces situations peuvent devenir particulièrement coûteuses. On peut par exemple comprendre parfaitement une technique de calcul mais oublier une étape, perdre une donnée en cours de problème ou répondre trop rapidement.

Les recherches retrouvent effectivement une association entre le TDAH et des performances mathématiques plus faibles, particulièrement lorsque les difficultés d’inattention sont importantes. Les fonctions exécutives, dont la mémoire de travail et le contrôle attentionnel, jouent également un rôle dans les apprentissages mathématiques.

Mais ce type de difficultés ne suffit pas à parler de dyscalculie.

Quels signes peuvent faire penser à une dyscalculie chez une personne avec un TDAH ?

La question d’un trouble des apprentissages en mathématiques peut davantage se poser lorsque les difficultés ne concernent pas seulement la concentration ou l’organisation de la tâche, mais touchent durablement certaines compétences numériques et mathématiques.

Selon l’âge et le profil, on peut notamment observer des difficultés persistantes pour :

  • comprendre et manipuler les quantités ;

  • lire, écrire ou comparer les nombres ;

  • comprendre la numération et la valeur des chiffres ;

  • mémoriser certains faits arithmétiques ou les tables ;

  • calculer mentalement ;

  • comprendre le sens des opérations ;

  • mettre en place des procédures de calcul efficaces ;

  • résoudre des problèmes mathématiques.

Dans le trouble spécifique des apprentissages avec déficit en mathématiques, les difficultés peuvent notamment concerner le sens du nombre, la représentation des quantités ainsi que l’apprentissage et la mémorisation de faits arithmétiques. En savoir plus sur le bilan de la cognition mathématique

Aucun de ces signes, pris isolément, ne permet toutefois de conclure à une dyscalculie.

TDAH ou dyscalculie : comment distinguer les difficultés ?

C’est souvent la question la plus importante : les difficultés en maths sont-elles principalement liées au TDAH ou existe-t-il également une fragilité spécifique des apprentissages mathématiques ?

La réponse ne repose pas sur un type d’erreur unique.

Par exemple, oublier une retenue alors que la technique opératoire est comprise n’a pas forcément la même signification que rencontrer durablement des difficultés pour comprendre ce que représentent les dizaines et les unités.

De même, un élève peut savoir comment résoudre un problème mais perdre une information en cours de route. Chez un autre, la difficulté peut porter davantage sur le choix de l’opération ou sur la compréhension des relations numériques.

Les recherches comparant des enfants présentant un TDAH, des difficultés mathématiques ou les deux montrent d’ailleurs des profils partiellement différents, même si certains processus comme la mémoire de travail peuvent intervenir dans plusieurs situations.

Il faut donc s’intéresser à la nature des difficultés, leur persistance, les stratégies utilisées et les conditions dans lesquelles elles apparaissent, plutôt qu’au seul nombre d’erreurs.

Peut-on avoir un TDAH et une dyscalculie en même temps ?

Oui.

Les deux troubles peuvent être associés chez une même personne. Une étude récente portant sur plusieurs milliers d’enfants a notamment confirmé que TDAH, dyslexie et dyscalculie coexistent plus souvent qu’on ne l’attendrait s’ils étaient totalement indépendants. Mais la majorité des enfants présentant l’un de ces troubles n’en présentaient qu’un seul.

Autrement dit, avoir un TDAH augmente la possibilité de rencontrer un autre trouble du neurodéveloppement, mais ne signifie absolument pas qu’une dyscalculie est présente.

Lorsqu’ils sont associés, les difficultés peuvent se superposer : une compétence mathématique peut être fragile en elle-même, tandis que l’attention, la mémoire de travail ou l’impulsivité compliquent encore davantage la tâche.

Le TDAH peut-il masquer une dyscalculie ?

Cela peut arriver, notamment lorsqu’un TDAH est déjà connu.

Face à des difficultés scolaires, certaines erreurs peuvent alors être rapidement expliquées par l’inattention : « il va trop vite », « elle ne lit pas la consigne », « il connaît la méthode mais ne l’applique pas ».

Parfois, cette explication correspond effectivement au fonctionnement observé.

Mais lorsque les difficultés en mathématiques restent importantes malgré les explications, les entraînements et des conditions de travail adaptées, il peut être utile de regarder plus précisément ce qui est compris et ce qui reste fragile sur le plan numérique et mathématique.

L’objectif n’est pas de rechercher systématiquement une dyscalculie chez une personne avec un TDAH, mais de ne pas attribuer automatiquement toutes ses difficultés mathématiques à son trouble attentionnel.

Que peut montrer un bilan de cognition mathématique en cas de TDAH ?

Lorsqu’il existe un doute, un bilan orthophonique de la cognition mathématique, parfois recherché sous les termes « test de dyscalculie » ou « bilan dyscalculie », permet d’explorer plus précisément le profil.

Selon l’âge, le niveau scolaire et les difficultés rapportées, différentes compétences peuvent être évaluées : compréhension des quantités, numération, calcul mental, faits arithmétiques, opérations, problèmes ou raisonnement mathématique.

Cette évaluation des compétences mathématiques permet d’observer les stratégies utilisées, les types d’erreurs, la vitesse de réalisation, la compréhension des notions et la manière dont la personne raisonne.

Ces éléments permettent de mieux comprendre si les difficultés concernent principalement les compétences mathématiques, si d’autres facteurs semblent intervenir ou si plusieurs dimensions peuvent se combiner.

En cas de TDAH connu ou suspecté, le bilan de cognition mathématique reste centré sur les apprentissages mathématiques : il n’a pas pour objectif d’évaluer ou de diagnostiquer le TDAH.

Quand envisager un bilan de cognition mathématique ?

Un TDAH ne justifie pas, à lui seul, de réaliser un bilan mathématique.

Celui-ci peut devenir pertinent lorsque les difficultés en maths sont anciennes, persistantes et suffisamment importantes pour avoir un retentissement à l’école, dans les études ou dans certaines situations du quotidien.

Il peut notamment être utile lorsqu’une personne rencontre durablement des difficultés en numération, en calcul, dans la compréhension des nombres ou dans la résolution de problèmes et que l’on se demande si le TDAH explique réellement l’ensemble de ces difficultés.

Une évaluation pour rechercher une dyscalculie permet alors de préciser quelles compétences mathématiques sont préservées, lesquelles sont plus fragiles et comment la personne s’y prend pour résoudre les tâches proposées.

Je réalise des bilans orthophoniques de la cognition mathématique en visioconférence, chez l’enfant à partir de 6 ans, l’adolescent et l’adulte. En savoir plus sur le fonctionnement du bilan en ligne. 

Questions fréquentes sur le TDAH et la dyscalculie

Le TDAH peut-il provoquer une dyscalculie ?

Les données actuelles ne permettent pas de considérer le TDAH comme une cause directe de la dyscalculie. Les deux troubles peuvent coexister et partager certains facteurs de vulnérabilité, mais leur association ne correspond pas à une simple relation de cause à effet.

Une personne avec un TDAH peut-elle être bonne en mathématiques ?

Oui. Le TDAH n’entraîne pas systématiquement de difficultés en mathématiques. Les profils sont très variables et une personne avec un TDAH peut tout à fait avoir de bonnes compétences mathématiques.

Comment savoir si les difficultés en maths viennent du TDAH ou d’une dyscalculie ?

Il faut notamment analyser la nature et la persistance des difficultés, les notions concernées, les stratégies utilisées et les types d’erreurs. Lorsque la situation reste difficile à comprendre, un bilan de cognition mathématique peut permettre d’explorer plus précisément le profil.

Comment se déroule un test de dyscalculie ?

​Un test de dyscalculie, ou bilan de cognition mathématique, explore différentes compétences numériques et mathématiques. L’évaluation porte notamment sur les nombres, le calcul, les stratégies utilisées et, selon le profil, la résolution de problèmes ou le raisonnement mathématique.

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