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Tiers-temps et dyslexie : comment l’obtenir aux examens ?

Une personne dyslexique peut demander un tiers-temps ou un autre aménagement pour un examen lorsque ses difficultés ont un retentissement sur les conditions de passation. Le diagnostic de dyslexie ne donne cependant pas automatiquement droit à un temps supplémentaire : les aménagements sont étudiés en fonction des besoins du candidat et de sa situation.

Les démarches diffèrent selon qu’il s’agit du brevet, du baccalauréat, des études supérieures ou d’un concours.

Qu’est-ce qu’un tiers-temps ?

Le terme tiers-temps est couramment utilisé pour désigner un temps supplémentaire accordé lors d’un examen.

La réglementation prévoit une majoration pouvant aller jusqu’au tiers du temps normalement prévu pour une épreuve. Une épreuve de 2 heures peut ainsi durer jusqu’à 2 h 40 et une épreuve de 3 heures jusqu’à 4 heures.

Cette majoration peut concerner une ou plusieurs épreuves écrites, pratiques ou orales.

Dans certaines situations exceptionnelles, un temps supérieur au tiers peut être demandé selon une procédure spécifique.

Une dyslexie donne-t-elle automatiquement droit à un tiers-temps ?

Non.

Le diagnostic de dyslexie ne suffit pas, à lui seul, à déterminer les aménagements nécessaires.

Chez certaines personnes, la lecture reste particulièrement lente. D’autres lisent avec précision mais ont besoin de beaucoup plus de temps pour traiter un texte, rédiger une réponse ou se relire. Une dysorthographie associée, une fatigabilité importante ou d’autres difficultés peuvent également modifier le retentissement pendant une épreuve chronométrée.

La demande de tiers-temps doit donc être cohérente avec les difficultés réellement rencontrées en situation d’examen.

La décision d’accorder un temps majoré appartient à l’autorité compétente, et non à l’orthophoniste.

Comment demander un tiers-temps pour le brevet ou le bac ?

La demande d’aménagement pour un examen de l’Éducation nationale doit faire l’objet d’une démarche spécifique.

Pour le brevet, la procédure peut être engagée dès la classe de 4e, généralement avant la fin du deuxième trimestre.

Pour le baccalauréat, elle peut être engagée dès la classe de 2de.

Il est donc préférable de ne pas attendre l’année de l’examen lorsque les difficultés et les besoins sont déjà connus.

Selon la situation, la demande relève d’une procédure simplifiée ou d’une procédure complète.

La procédure simplifiée

Elle peut notamment concerner un élève qui bénéficie déjà d’aménagements formalisés dans le cadre d’un PAP, d’un PAI ou d’un PPS et lorsque les conditions prévues pour cette procédure sont réunies.

Les aménagements demandés pour l’examen sont alors examinés en tenant notamment compte de ceux déjà utilisés pendant la scolarité.

La procédure complète

Elle concerne notamment les candidats qui ne disposent pas déjà d’aménagements formalisés, qui demandent des adaptations différentes de celles utilisées pendant l’année ou dont la situation nécessite une nouvelle évaluation.

L’établissement informe généralement la famille ou le candidat de la procédure à suivre et du calendrier applicable.

Quels documents faut-il pour demander un tiers-temps ?

Les pièces demandées dépendent de la situation et de la procédure.

Le dossier comporte notamment le formulaire correspondant à l’examen. L’équipe pédagogique peut également donner son appréciation sur les aménagements demandés et sur ceux déjà utilisés pendant la scolarité.

Dans le cadre d’une procédure complète, des éléments médicaux sont également transmis au médecin compétent selon les modalités prévues.

Un bilan orthophonique peut faire partie des documents permettant d’objectiver une dyslexie, une dysorthographie, une lenteur de lecture ou le retentissement actuel des difficultés. Il n’existe cependant pas une règle selon laquelle toute personne dyslexique devrait systématiquement refaire un bilan avant chaque examen.

Faut-il avoir un PAP pour obtenir un tiers-temps ?

Non.

Un PAP peut formaliser les aménagements utilisés pendant la scolarité et, dans certaines situations, permettre l’utilisation de la procédure simplifiée pour une demande d’aménagement d’examen.

Mais le PAP n’accorde pas automatiquement un tiers-temps au brevet ou au bac.

Les aménagements d’un examen officiel font l’objet d’une demande et d’une décision spécifiques.

Inversement, l’absence de PAP ne signifie pas qu’aucune demande de temps majoré ne peut être effectuée : la situation peut relever de la procédure complète.

Faut-il un dossier MDPH pour demander un tiers-temps ?

Pas systématiquement.

Une personne peut demander un aménagement d’examen sans disposer préalablement d’un PPS ou d’une notification MDPH lui accordant un tiers-temps.

La procédure fait néanmoins intervenir, selon les situations prévues par les textes, des professionnels et autorités compétents pour évaluer les besoins et rendre la décision.

Il ne faut donc pas confondre dossier MDPH, PAP, bilan orthophonique et demande d’aménagement d’examen : ces démarches peuvent être liées, mais elles ne correspondent pas au même document ni à la même décision.

Faut-il refaire un bilan orthophonique pour obtenir un tiers-temps ?

Pas systématiquement.

Lorsque des aménagements sont déjà en place et que la situation relève d’une procédure simplifiée, un nouveau bilan orthophonique n’est pas nécessaire dans tous les cas.

En revanche, une évaluation actualisée peut être demandée ou être utile lorsque le précédent bilan est ancien, lorsqu’il s’agit d’une première demande, lorsque les difficultés ont évolué ou lorsque l’organisme souhaite disposer d’éléments plus récents sur leur retentissement.

Si vous disposez déjà d’un ancien compte rendu, consultez également la page Faut-il refaire un bilan orthophonique pour obtenir des aménagements ?

Comment obtenir un tiers-temps à l’université ?

Dans l’enseignement supérieur, l’étudiant doit se rapprocher du service ou du référent handicap de son établissement.

Ce service l’accompagne dans sa demande et dans l’évaluation de ses besoins.

Pour les aménagements d’examens, la procédure prévoit également un avis médical. Les modalités pratiques et les délais sont fixés par l’établissement, d’où l’intérêt de commencer les démarches suffisamment tôt.

Les aménagements peuvent ensuite être formalisés dans le dispositif prévu par l’établissement et comprendre, selon les besoins, un temps supplémentaire mais aussi d’autres adaptations.

Avoir bénéficié d’un tiers-temps au lycée constitue une information importante, mais les modalités applicables dans l’enseignement supérieur doivent être examinées dans le nouvel établissement.

Pour les démarches universitaires, consultez également Bilan orthophonique étudiant : quels aménagements dans l’enseignement supérieur ?

Quel est le rôle du bilan orthophonique pour un tiers-temps ?

Lorsqu’une évaluation orthophonique est nécessaire, son intérêt est surtout de préciser le fonctionnement actuel de la personne et le retentissement des difficultés.

Dans le cadre d’une dyslexie ou d’une dysorthographie, le bilan peut notamment objectiver la précision et la vitesse de lecture, les difficultés orthographiques, certaines stratégies de compensation ou encore le coût des tâches de lecture et d’écriture. Vous pouvez également consulter le détail du bilan orthophonique pour dyslexie chez l’enfant et l’adolescent.

Ces éléments peuvent permettre de mieux comprendre pourquoi une personne maîtrise les connaissances attendues mais rencontre des difficultés particulières lorsqu’elle doit lire, rédiger ou se relire dans un temps limité.

Le bilan peut comporter des préconisations d’aménagements, mais celles-ci restent des recommandations : il ne permet pas, à lui seul, d’accorder un tiers-temps.

Alexandra Monteiro, orthophoniste, réalise des bilans du langage écrit en visioconférence chez l’enfant à partir de 6 ans, l’adolescent et l’adulte. Lorsqu’un bilan actualisé est nécessaire dans le cadre d’une demande d’aménagements, le compte rendu décrit les résultats, les difficultés observées et leur retentissement.

Le tiers-temps est-il le seul aménagement possible en cas de dyslexie ?

Non.

Selon le profil du candidat, d’autres aménagements peuvent être envisagés : utilisation d’un ordinateur, aide humaine ou technique, adaptation de certains supports, organisation particulière de l’épreuve ou autres modalités prévues par la réglementation.

L’objectif n’est donc pas d’attribuer le même aménagement à toutes les personnes dyslexiques, mais de retenir ceux qui correspondent aux difficultés rencontrées pendant l’examen.

Pour découvrir les autres dispositifs possibles selon la situation, vous pouvez également consulter la page consacrée aux aménagements scolaires, universitaires et d’examens.

Questions fréquentes sur le tiers-temps et la dyslexie

Un bilan orthophonique donne-t-il droit au tiers-temps ?

Non. Le bilan permet d’évaluer les difficultés et leur retentissement et peut proposer des aménagements. La décision appartient à l’autorité compétente.

Peut-on demander un tiers-temps sans PAP ?

Oui. L’absence de PAP n’empêche pas nécessairement une demande d’aménagement. La demande peut alors relever d’une procédure complète.

Le tiers-temps obtenu au brevet est-il automatiquement valable au bac ?

Non. Les aménagements déjà accordés et utilisés sont pris en compte, mais les démarches prévues pour l’examen concerné doivent être respectées.

Peut-on demander un tiers-temps pour un concours ?

Oui, de nombreux examens et concours prévoient des possibilités d’aménagement pour les candidats en situation de handicap. Les modalités dépendent toutefois du concours et de son organisateur. Il faut donc consulter ses règles et son calendrier avant les épreuves.

Rédigé par Alexandra Monteiro, orthophoniste · Dernière mise à jour : 21 septembre 2026

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